Septembre 2008, « ground zero » médiatique
Par Christophe Colinet, jeudi 25 septembre 2008 à 21:52 :: General :: #116 :: rss
La rentrée, le cartable sur le dos, qui vous noue l'estomac. Celle-ci n'échappe pas à la règle. Après le 11 septembre et sa commémoration, une crise financière. Mais ça n'est pas tout, me confie mon smart phone, témoin de conversations invraisemblables.
Avec Jean Ker, d'abord. Ce vétéran grand reporter-photographe de Paris Match aujourd’hui retraité. Il a couvert, parmi d’autres, le drame de Bruay-en-Artois, diffusé cette semaine à la télé. A coups de reportages, il a fait repousser, par deux fois la prescription du dossier. Un combat qu’il a retranscrit noir sur blanc dans un livre paru en 2006, fruit de 30 années d’investigation.
Après avoir vu le film, il estime que son travail a été pillé. Des scènes, des dialogues et des informations, représentant une trentaine de minutes de « L’affaire Bruay-en-Artois », seraient directement tirés de son livre, et non du dossier d’instruction de l’affaire ou de coupures de presse, comme le prétendent TF1 et la production.
« Si seulement dans le générique il avait été fait référence à mon livre, ça n'aurait été que justice ». Mais non. Rien. Alors Jean Ker et ses avocats ont assigné pour « plagiat et contrefaçon » les sociétés TF1 et GMT productions, et le scénariste Claude Michel Rome. Autre affaire judiciaire qui a fait chauffer mon GSM : le licenciement de Florence Schaal. TF1 a pris la décision de la licencier pour avoir annoncé dans le journal de 20 heures du 8 août le décès d’un jeune garçon disparu dans la Drôme. En fait, il avait été retrouvé sain et sauf.
Pour sa direction, c'est la faute personnelle d’un salarié. Mais Florence Schall ne veut pas servir de bouc émissaire. « Il me reste deux choses à faire, confie Florence Shaal : aller aux prud’hommes et retrouver du boulot ». Elle va donc porter l’affaire devant la justice et se battre car elle estime qu’elle n’est pas la seule responsable de la faute commise.
« J’ai employé des conditionnels. La fin du journal a été anticipée et le présentateur a repris sur le thème d’une fin tragique. Mais surtout, il y a avait un rédacteur en chef… » En l’occurence Michel Floquet, chargé d’insuffler la nouvelle dynamique du 20 heures de Laurence Ferrari.
Et puis la batterie de mon portable a failli rendre l'âme avec un coup de fil au siège d'Endemol France, qui a officialisé par un communiqué l'acquisition des droits d'adaptation audiovisuelle de « Ruptures » et « Carla et Nicolas : la véritable histoire », deux livres consacrés à la vie privée du président de la République. Une conversation qui aura permis d'établir que l'affaire est bien avancée, le scénario quasiment bouclé, et qu'il ne reste plus qu'à trouver une chaîne pour mettre en onde les aventures amoureuses de Cécilia, Nicola et Carla. En clair : la pipolitique fiction de la Sarkosphère débarquera bientôt sur nos écrans de télé.
On gardera de cette rentrée 2008 le souvenir d'un crise financière. Il ne faudra pas oublier que dans le même temps, on a franchi le seuil du Ground zero médiatique.
Commentaires
1. Le dimanche 28 septembre 2008 à 21:15, par masavi
2. Le dimanche 28 septembre 2008 à 22:30, par christophe colinet
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