L'avenir du livre sur Internet. InLibroVeritas aurait la réponse depuis plus de trois ans ?
Par Mathieu Pasquini, mardi 2 septembre 2008 à 11:14 :: General :: #110 :: rss
Emmanuel Benoït, expert en édition électronique pour Jouve, a publié une tribune sur le site neteco.com intitulée « L'avenir de l'édition passe par l'édition à la carte ». Un papier très intéressant où sont synthétisées les problématiques du livre face (ou avec) l'Internet, tant sur plan éditorial ou de contenu que sur le plan purement technique. Il y apporte également ce que seront pour lui les réponses à ces problématiques. Oubliant simplement que InLibroVeritas a déjà vu et mises en place ces réponses depuis plus de trois ans.
Tribune est frappée au coin du bon sens avec pertinence et une vraie vision. On « sent » d’ailleurs plutôt l’imprimeur que l’éditeur, plus au contact du terrain et des demandes des clients et du marché. Je ne peux d’ailleurs qu’abonder dans son sens on se doute pourquoi en lisant ces lignes. On ne tiendra évidemment pas rigueur à Emmanuel Benoït de n’avoir pu intégrer InLibroVeritas dans son analyse.
InLibroVeritas est une jeune maison d’édition qui a été pensée et fondée en janvier 2005 par moi-même et dont le site Internet a été (et est toujours) développé par Thomas Boitel. Avec pour seule et unique mise de fond 5000 €. Très peu de moyens, mais une volonté farouche et une passion indéfectible. Le tout basé sur une philosophie simple : le partage et l’échange démocratique, universel et fraternel du savoir et la culture. Nous avons donc bâti un site internet permettant à tous de venir publier en ligne leur œuvres.
Dans son article Emmanuel Benoït parle des perspectives ouvertes par le web 2.0, où il dit :
il est désormais possible de personnaliser un livre à la demande, en y insérant une photo ou une dédicace ou de créer son exemplaire unique en effectuant sa propre sélection de chapitres et d'articles. L'édition à la carte (custom publishing) est un marché en forte croissance. Il s'agira de combiner des contenus provenant des éditeurs avec des informations créées par les internautes et soumises via les réseaux sociaux (photos ou vidéos de voyage, par exemple).
C’est exactement ce que fait InLibroVeritas depuis sa création en janvier 2005 : la compilation d’œuvres choisies par l’acheteur sur le site où il peut personnaliser sa couverture, sa dédicace, ses images de couv, le quatrième etc. Ce que j'ai nommé le livre unique à la carte.
Il parle également de l’orientation du livre sur sa transposition sur du flux XML, ou de l’e-composition :
la conversion vers XML des manuscrits d'auteur. On peut également mentionner la « e-composition » automatique pour l'affichage de contenu adapté aux contraintes du canal de diffusion (e-book, par exemple) ou guidée pour la composition des ouvrages non mis en page. Enfin, il peut s'agir d'enrichir des méta-données par analyse sémantique et linguistique du contenu (identification d'entités nommées, extraction de mots clefs, terminologique, classification, clustering, etc.). Ces produits ou contenus XML granulaires indexés par des méta-données riches peuvent être ensuite diffusés sur les différents canaux ou stockés dans des référentiels accessibles par les moteurs de recherche, les services de Print on Demand (POD) ou les services de contenu à la carte.
C’est exactement ce sur quoi InLibroVeritas et la société lescomplexes travaillent depuis près de deux ans et qui a vu ses premières réalisations avec le site des bâtisseurs de livres ILV-Forge et le logiciel la poule ou l’œuf. Nous n’avons pas attendu, nous l’avons pressenti il y’a des années et mis en œuvre.
Ce que Emmanuel Benoït n’a pas vu, c’est l’émergence de l’art libre avec tout ce qu’il comporte comme compostante juridique, philosophique et économique. Ce que nous avons également vu il y’a plus de deux ans avec l’association Framasoft en créant la collection de livre Framabook, des livres numérique librement téléchargeable, diffusable, modifiable ET des livres papiers. Modèle en pleine émergence ou se rejoignent des gens comme Ralamax ou Dogmazic.
Oh bien sûr InLibroVeritas n’a pas tout révolutionné, au contraire, et bien loin de moi l'idée de faire de l'autosatisfaction, car, humblement, son modèle s’appuie sur l’expérience industrielle de son imprimeur, des premières réussites sur le book-on-demand de l’édition à compte d’auteur, de l’édition traditionnelle, des principes du logiciels libre et de la viralité de sa communauté. Il n’en demeure pas moins que InLibroVeritas a déjà mis en place tous les principes technique et industriel de ce qu’Emmanuel Benoït perçoit comme l’avenir du livre. Le business-modèle existe, il marche et ne demande qu’à grandir et à se consolider.
Partis de rien, ou très peu, nous avons créé une maison d’édition appelée InLibroVeritas qui peut être la fierté de tous ceux, sans exception, qui ont un jour ou l’autre participé à sa progression. Auteurs, lecteurs, membres, simples visiteurs, amis, partenaires, critiques… tous vous avez à votre manière, peu ou beaucoup, aidé InLibroVeritas a être ce qu’elle est aujourd’hui, et ce qu’elle sera demain. Nous ne sommes rien sans ce que sont les autres, et vous avez tous depuis plus de trois vu et compris la pertinence du projet InLibroVeritas.
Alors, quoi qu’il arrive, quoi qu’il adviendra jamais, il n’y a que deux choses qu’on ne pourra jamais nous enlever, notre liberté, et le fait indéniable que nous fument les premiers.
Les premiers à croire au livre unique à la carte créé par l’acheteur en ligne, son propre livre à lui, personnalisé, et économiquement accessible à tous.
Les premiers à dire que l’avenir du livre sera le pari d’un Livre Libre, permettant la libre et pleine diffusion de la culture et du savoir.
Les premiers à développer un livre papier ET numérique basé sur du logiciel libre, utilisant les technologies on-line les plus modernes d’écriture collaborative ou non, de flux, de méta-données descriptives.
Les premiers à avoir cru en « autre chose », un autre modèle une autre vision. InLibroVeritas n’est qu’une infime manifestation de cette vision, une petite pierre de l’édifice qui compose un tout qui nous relie.
Je voulais juste vous dire que nous pouvons en être fiers.
Restez libres, et ne renoncez jamais…
PS : à l’heure où j’écris ces lignes, il est impossible d’accéder -pour des raisons techniques inhérentes à neteco- à la page contact du site neteco.net afin de pouvoir m’exprimer ou de répondre à cette tribune.
Commentaires
1. Le mercredi 3 septembre 2008 à 21:15, par christophe colinet
2. Le mercredi 3 septembre 2008 à 22:16, par dods
3. Le samedi 6 septembre 2008 à 19:16, par christophe colinet
4. Le lundi 15 septembre 2008 à 23:41, par kastillon
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